Produits cosmétiques

1 Timothée 2:9  Je veux aussi que les femmes, vêtues d'une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d'or, ni de perles, ni d'habits somptueux, 

1 Pierre 3:3  Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d'or, ou les habits qu'on revêt,

Les textes ci-dessus ont déjà été traités dans un précédent article plus axé sur les bijoux : 1 Timothée 2:9 et 1 Pierre 3:3-6 à la lumière de l’histoire. Ces passages doivent être pris dans leur contexte historique et culturel, et c’est ce que nous ferons dans cet article avec un focus sur les produits cosmétiques.

Les Apôtres Paul et Pierre ne mentionnent pas spécifiquement le maquillage ici, mais nous verrons que le texte y fait allusion. En effet, selon l’histoire, la parure extérieure d’une femme comprend les produits cosmétiques et les parfums. Pendant l’Empire Romain, l’expression de l’identité, du genre, de l’appartenance social et ethnique, du pouvoir, etc. s’affichait à travers les vêtements, le maquillage et les parfums.

Commençons par considérer les définitions des mots clés de nos passages du jour.

Quelques définitions

Le mot « cosmétique » vient du grec kosmeo (« mettre en ordre, arranger, orner, être vêtu, se parer »), qui vient du grec ancien kosmêtikos (« décoratif, ordonné »), qui vient de kosmêtês (« ordonnateur, arrangeur »).

Le mot « vêtues » dans notre verset de 1 Timothée 2:9 est justement traduit de kosmeo qui est à l’origine de « cosmétique ». La traduction ne permet pas de voir clairement, mais ce mot ne se limite pas aux vêtements. Il s’étend à tout ce qui orne et pare le corps et Paul encourage les femmes de l’Eglise d’Ephèse à le faire de manière décente.

Ce mot « décente » est traduit du grec kosmios (« bien arrangé, bienséant, modeste ») ; Le mot « pudeur » est du grec aidos (« sens de honte, d’honneur, de modestie, timidité, révérence, égard pour les autres, respect) ; et « modestie », de sophrosune (« solidité de l’esprit, autocontrôle, sobriété »).

Il s’agit donc de s’habiller, se parer et s’orner modestement. Mais que signifie « modestement » ?

La modestie dans l’Empire Romain

L’Empire Romain avait un système de classe sociale que nous n’avons plus. Les codes vestimentaires étaient complexes et reflétaient la classe sociale, le sexe et le langage de chacun. La qualité de la matière distinguait les vêtements des riches de celle des pauvres. Les classes supérieures revêtaient de tissus de la laine la plus fine dans sa couleur naturelle, alors que les classes inférieures revêtaient de tissus grossiers ou faites d’un feutre mince. On pouvait distinguer facilement les femmes mariées des prostituées par la parure extérieure. Des lois somptuaires existaient pour fixer des limites de dépenses en vêtements et ornements, et réduire l’étalage de biens en public. Et seules les prostituées en étaient exemptes. Elles seules pouvaient avoir l’aspect extérieur proscrit dans 1 Timothée 2:9 et 1 Pierre 3:3.

Pudicitia (la Pudeur) était une déesse allégorique romaine. Chez les Romains, cette vertu était importante pour la femme, comme le courage l’était pour l’homme. Il en était de même pour les femmes Grecques. Les Apôtres n’ont pas utilisé le mot « kosmios » (décent) pour signifier autre chose que ce que tout le monde comprenait à cette époque.

Une parure extérieure décente n’était pas un standard ou norme de sainteté pour distinguer l’Eglise du monde, mais une norme sociale de l’époque. 

Imiter les femmes d’autrefois

Les Apôtres n’ont pas mis en place un code vestimentaire pour que les chrétiennes se démarquent du reste des femmes respectables de la société. Ils s’assuraient plutôt qu’elles puissent chercher à gagner leurs maris au Christianisme, non en entrant en compétition avec les prostituées qui cherchaient à gagner leur attention par une parure extérieure tape-à-l’œil, mais en vivant de manière chaste et réservée.

Une hétaïre, une prostituée de haut rang, avait des vêtements et des ornements plus raffinés et en de plus grandes quantités que les autres femmes. Elle était aussi excessivement maquillée. De plus, les prostituées étaient associées à la plupart des temples des divinités orientales de Rome. Il y avait des milliers de prostituées sacrées impliquées dans le culte de Diane à Éphèse rempli d’immoralité. Il y avait de bonnes raisons de ne pas leur ressembler.

L’Apôtre Pierre n’a pas appelé les chrétienne à les imiter, mais à imiter plutôt les femmes Hébreux d’autrefois telle que Sara, l’épouse d’Abraham (1 Pierre 3:5-6). 

Non pas parce que les femmes Hébreux s’habillaient plus simplement ou parce qu’elles se passaient d’ornements ; Nous avons vu dans un précédent article (Une chrétienne peut-elle se maquiller ?) que les Hébreux s’habillaient et se maquillaient comme les Grecques et les Romaines. Pierre appelle les femmes à imiter leurs parures intérieures, leur bonne conduite. 

Conclusion

Le sens de la modestie dans l’habillement et l’ornement doit être considéré dans un contexte culturel et historique donné. Il s’appuie sur des normes sociales. Si les femmes d’aujourd’hui désiraient s’habiller et s’orner modestement, selon la compréhension du terme pendant l’Empire Romain, au temps des premiers Chrétiens, elles devraient porter une longue robe pas serrée qui traîne par terre et un voile sur la tête en public. Elles pourraient porter des vêtements sans manches en public, mais uniquement à condition de se couvrir d’une cape. Par contre, il n’a jamais été question de s’abstenir totalement de bijoux, maquillages et parfums. Le tout est d’être dans la modération et d’être en phase avec les normes sociales de notre époque.

Etre décent ou modeste a donc deux sens : baisser d’un ton par rapport à l’ostentation, en termes de coût et de quantité de bijoux, vêtements et cosmétiques ; mais aussi avoir une certaine bienséance, ne pas être obscène ou choquant, mais rester dans les normes de la société.

Les Apôtres n’ont pas établi un code vestimentaire pour que les Chrétiennes puissent se séparer du « monde », en les encourageant à renouveler leurs gardes robes et à éliminer les ornements et produits de beauté. De toute façon, une chrétienne de l’époque biblique ne pouvait pas s’habiller ou s’orner plus modestement que les autres femmes de son entourage. La « différence »  devait se faire par rapport aux prostituées. 

L’utilisation habile, astucieuse et raisonnable des produits cosmétiques n’est pas indécente et ne viole pas les principes de 1 Timothée 2:9 et 1 Pierre 3:3. Nous ne pouvons pas négliger le fait ce qui est décrit dans ces passages se réfère à ce qui se portait dans le cadre de l’adoration des idoles païennes. Un bon sens suffit pour s’habiller et se parer modestement. Il n’y a pas besoin de code vestimentaire dépassé, oppressant et religieux.