Femme avec des bijoux

Les arguments les plus communs contre le port de bijoux dans les rangs de certains mouvements chrétiens fondamentalistes sont les suivants :

  1. Les bijoux sont d'origine païenne

  2. Les bijoux sont toujours mentionnés dans un sens péjoratif dans l'Écriture, étant associés à la fierté, à la prostitution, ou à l’idolâtrie.

  3. Dieu a désapprouvé le port de bijoux depuis l'incident du veau d'or. Puisque le port des bijoux conduit toujours au péché, Dieu y a mis un terme.

  4. 1 Timothée 2:9 et 1 Pierre 3:3-6 sont des commandements contre le port d'ornements autres qu’un esprit doux et paisible.

Dans cet article, nous examinerons les différentes fonctions du bijou à travers les époques et cultures. Nous étudierons, ensuite, quelques références aux bijoux dans l'Ancien Testament pour déterminer s’ils sont toujours mentionnés dans un sens péjoratif ou non.

Un autre article sera consacré à l’examen de 1 Timothée 2:9 et 1 Pierre 3:3-6 à la lumière de leur contexte historique et culturel.

Les fonctions du bijou

Outre ses fonctions décoratives, le bijou est au service de multiples autres fonctions ou intentions. (Dictionnaire International du Bijou - Éditions du regard - Paris – 1998)

Ces fonctions sont très variables selon les époques et les cultures, mais aussi selon les croyances ou perceptions propres à l'individu qui porte le bijou. Il est néanmoins possible de distinguer quelques fonctions spécifiques. (Bijou - Le Dictionnaire du Corps en Sciences Humaines et Sociales - Sous la direction de Bernard Andrieu - CNRS éditions – 2006)

Un bijou peu avoir :

  • Une fonction social signifiant du statut social du porteur (exemples : l’alliance qui signifie que le porteur est marié, l’anneau du Pêcheur qui indique que son porteur est le Pape…)
  • Une fonction identitaire permettant une identification du porteur par son groupe ou par une population élargie.
  • Une fonction utilitaire : l’objet joue un rôle spécifique dans la vie quotidienne du porteur (exemple : peignes, attaches capes, ceinture, pics à chapeaux ou à coiffes, bagues-sceaux, bagues-clefs, montre…)
  • Fonction sentimentale : l’objet devient un vecteur de souvenir, relatif à une personne, une chose, un lieu… ayant une importance particulière dans la vie du porteur.
  • Fonction érotique : l’objet soulignant telle ou telle partie du corps va attirer l’attention du « regardant », faisant appel à ses sens (vision, ouïe, toucher…) et érotisant le corps porteur.

(Cf. page Wikipédia sur le bijou : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bijou)

En plus des fonctions citées ci-dessus, les bijoux ont aussi été portés dans le cadre de cultes idolâtres et certains y accordent des vertus de protection. D’où le nom d’amulette, du latin amuletum qui signifie : façon de se protéger.

Les bijoux pouvaient aussi être des talismans qui ont pour but d’obtenir des pouvoirs magiques offensifs, contrairement aux amulettes, qui visent à se protéger.

Étudions quelques références aux bijoux dans Bible :

Les bijoux de Rébecca

Genèse 24 :22 …l'homme prit un anneau d'or, du poids d'un demi-sicle, et deux bracelets, du poids de dix sicles d'or. (26) Alors l'homme s'inclina et se prosterna devant l'Éternel, (47) … J'ai mis l'anneau à son nez, et les bracelets à ses mains. (48) Puis je me suis incliné et prosterné devant l'Éternel, et j'ai béni L'Éternel, le Dieu de mon seigneur Abraham… (53) Et le serviteur sortit des objets d'argent, des objets d'or, et des vêtements, qu'il donna à Rebecca ; il fit aussi de riches présents à son frère et à sa mère.

C’est dans ce récit des fiançailles et du mariage de Rebecca et Isaac que nous trouvons la première mention du port des bijoux dans la Bible. Chez les Hébreux, on payait au père qui donnait sa fille en mariage un prix déterminé qu'on appelait « mohar » (dot). Et on offrait des cadeaux appelés « mattan » (don) à la fiancée. Les présents faits par Éliézer à Rébecca pour son maître Isaac consistaient en bijoux d'argent et d'or et en vêtements.

Nous retrouvons la même coutume dans Genèse 34:12, alors que Sichem désire se marier à Dina, la fille de Jacob.

Exigez de moi une forte dot (mohar) et beaucoup de présents (mattan), et je donnerai ce que vous me direz ; mais accordez-moi pour femme la jeune fille. (Genèse 34:12)

Tout au long de l’histoire juive, cette coutume n’a jamais été abolie.

Dieu a béni Abraham et l'a rendu riche en argent et or (Genèse 34:35), en réalité, les bijoux en or de Rebecca venaient de Dieu. De plus, Abraham n'a pas adoré des idoles mais a obéi à la voix de l’Eternel (Genèse 26:5 ; Jacques 2:23)

Remarquez ce que le serviteur a fait après avoir mis des bijoux sur Rebecca : il adorait Dieu. Ce passage nous montre que le port des bijoux n’est pas toujours associé à l’idolâtre, à la mondanité ou au péché. Autrement, Abraham et son serviteur auraient été des hypocrites.

Abraham aurait-il envoyé son serviteur avec des bijoux pour orner sa future belle-fille sans orner sa propre femme ? Bien sûr que non, on peut en déduire que Sarah aussi portait des bijoux.

L’anneau de Joseph

Dans Genèse 41:41-42, Joseph porte l'anneau de Pharaon.

Pharaon dit à Joseph : Vois, je te donne le commandement de tout le pays d'Égypte. Pharaon ôta son anneau de la main, et le mit à la main de Joseph ; il le revêtit d'habits de fin lin, et lui mit un collier d'or au cou. (Genèse 41:41-42)

Même si Pharaon adorait des idoles, Joseph n’a pas considéré les bijoux comme étant à caractère idolâtre. Joseph n’a pas refusé le don de Pharaon, car cet anneau symbolisait le pouvoir et l'autorité. C’est un autre exemple de la fonction sociale du bijou.

Les Israélites dépouillent les Égyptiens

Dans Exode 3:21-22 ; 11:2 ; 12:35-36 les Israélites sont instruits par Dieu de dépouiller les Égyptiens au moment de leur sortie et de mettre le butin (des objets [hébreu « keliy », Strong n°3627, qui signifie article, vaisselle, outil, ustensile] d’or et d’argents ainsi que des vêtements) sur leurs fils et leurs filles.

Une grande partie de l'or qui a été donné pour la construction du Tabernacle venaient de ce qu’ils ont pris des Égyptiens. Ces objets fournissaient suffisamment de matériel pour la fabrication des ustensiles sacrés. Mais, ce fut sous la forme d'une offrande « volontaire » qui comprenait beaucoup plus que leur or et argent (Exode 35:29).

Ce n'est pas parce que les bijoux ont déplu à Dieu qu’il fallait les ôter pour les offrir pour la construction du Tabernacle.

Nous apportons, comme offrande à l'Éternel, chacun les objets d'or que nous avons trouvés, chaînettes, bracelets, anneaux, pendants d'oreilles, et colliers, afin de faire pour nos personnes l'expiation devant l'Éternel. (Nombres 31:50)

La sortie d'Egypte est considérée comme un type de l'abandon du monde et de la mondanité. Nous sommes libérés de l’esclavage du péché comme ils ont été délivrés de l'esclavage égyptien. Ce qui est remarquable, c’est que Dieu n'a pas ordonné le retrait des bijoux de dessus son peuple, mais plutôt de mettre sur eux des bijoux alors qu’ils sortent. Si les bijoux étaient « mondains », une telle analogie n’aurait pas lieu d’être.

Le souverain sacrificateur

Le souverain sacrificateur se tenait au centre du culte de l’Ancienne Alliance. Non seulement il se parait d'or, mais son vêtement était décoré de bijoux. (Exode 28:17-20)

Le veau d’or

Dans Exode 33:4-6 les enfants d'Israël ont demandé, pendant l'absence de Moïse, qu’Aaron leur fabrique des dieux. Aaron leur a ordonné de lui donner leurs boucles d'oreilles, et il en a fait un veau d’or. Ce n'est pas Dieu qui a ordonné leur retrait mais Aaron. Ce n'était pas un péché d’en porter, et les enfants d'Israël ne l’ont pas rendu péché en allant vers les idoles. Les Israélites, tout au long de leur histoire, avaient un désir d'être comme les nations polythéistes et glissaient continuellement vers l'idolâtrie ; les bijoux n'y étaient pour rien. De plus, une idole n’a pas besoin d’être obligatoirement faite d’or ou d’argent ; elle aurait pu être fabriquée en bois, le résultat aurait été le même aux yeux de Dieu.

Ôter leurs ornements était un signe de repentance et de désolation. Le retrait de leurs bijoux n'était pas permanent.

Lorsque le peuple eut entendu ces sinistres paroles, il fut dans la désolation, et personne ne mit ses ornements. (Exode 33:4)

Moïse a clairement identifié leur péché dans Exode 32:3 et ce n’était pas le fait de se parer.

Moïse retourna vers l'Éternel et dit : Ah ! Ce peuple a commis un grand péché. Ils se sont fait un dieu d'or. (Exode 32:31)

Il n'y a rien contre le port de bijoux dans la Loi de Moïse, par contre, il y a un commandement contre le fait de faire d’une image taillée ou d'une image en fonte une idole.  Il y a une grande différence.

L'incident du veau d'or n'a pas rendu le port de bijoux péché. Dans le Nouveau Testament, dans 1 Pierre 3:3-6, l’Apôtre Pierre renvoie les chrétiennes aux femmes des patriarches d’autrefois - avant l'épisode du veau d'or. Sarah était un des modèles choisis par Pierre et Sarah portait des bijoux.

L'amour de Dieu pour Israël

Éphésiens 5:25-32 établit un parallèle entre l'amour d'un homme pour sa femme et celui de Christ pour l'Eglise. Dans Ezéchiel 16:11-13 Dieu Se représente comme l’époux de Jérusalem. Si la parure d'une femme était un péché, Dieu n’aurait pas utilisé un tel symbolisme.

Je te parai d'ornements : je mis des bracelets à tes mains, un collier à ton cou, je mis un anneau à ton nez, des pendants à tes oreilles, et une couronne magnifique sur ta tête. Ainsi tu fus parée d'or et d'argent, et tu fus vêtue de fin lin, de soie et d'étoffes brodées. La fleur de farine, le miel et l'huile, furent ta nourriture. Tu étais d'une beauté accomplie, digne de la royauté. (Ezéchiel 16:11-13)

Selon les anciennes coutumes de mariage Hébreux, les bijoux symbolisaient les liens du mariage. Si porter des bijoux était un péché, pourquoi l'Éternel Se représenterait-Il comme Celui qui leur donne des bijoux ?

Dans les versets 15-18 Dieu dit que sa femme s’est prostituée à cause de sa renommée.

Mais tu t'es confiée dans ta beauté, et tu t'es prostituée, à la faveur de ton nom ; tu as prodigué tes prostitutions à tous les passants, tu t'es livrée à eux. Tu as pris de tes vêtements… Tu as pris ta magnifique parure d'or et d'argent, que je t'avais donnée, et tu en as fait des simulacres d'hommes, auxquels tu t'es prostituée. Tu as pris tes vêtements brodés, tu les en as couverts, et tu as offert à ces simulacres mon huile et mon encens. (Ézéchiel 16:15-18)

Dans la typologie de l’Ancien Testament, l’idolâtrie était comparable à une infidélité spirituelle à Yahvé, et Israël récidivait dans ce domaine. Nous ne pouvons pas isoler les bijoux de tous les autres objets impliqués dans la prostitution dans ce texte. Le fait que Jérusalem fait des idoles avec les bijoux en or et en argent, donnés pour symboliser les liens du mariage, ne fait pas du port des bijoux un péché. Si Israël avait continué dans l'amour et la fidélité à son époux, Yahvé, tous ces objets que le Seigneur lui avait donnés auraient continué d'être une bénédiction pour faire d’elle une beauté accomplie.

Israël et les prostitutions spirituelles

Jérémie a annoncé des jugements de Dieu sur les enfants d’Israël en raison de leurs rechutes fréquentes dans l'idolâtrie, et il a aussi comparé Israël à une femme adultère.

Jérémie 4:30 Et toi, dévastée, que vas-tu faire ? Tu te revêtiras de cramoisi, tu te pareras d'ornements d'or, Tu mettras du fard à tes yeux ; Mais c'est en vain que tu t'embelliras ; Tes amants te méprisent, Ils en veulent à ta vie.

Ce verset ne signifie pas que les femmes qui portaient des bijoux étaient adultères, sinon les femmes qui s’habillaient en cramoisie (rouge) l'étaient aussi.

Ézéchiel a aussi annoncé la destruction d'Israël, et dans le chapitre 23, il parle des prostitutions spirituelles commises par Samarie et Jérusalem personnifiées en deux femmes : Ohola et Oholiba sa sœur. Elles étaient mariées à Yahvé mais se sont prostituées et se sont souillées par l'idolâtrie (versets 4 et 5).

Ézéchiel 23:30  Ces choses t'arriveront, Parce que tu t'es prostituée aux nations, Parce que tu t'es souillée par leurs idoles.

Ézéchiel 23:37  Elles se sont livrées à l'adultère, et il y a du sang à leurs mains : Elles ont commis adultère avec leurs idoles ; Et les enfants qu'elles m'avaient enfantés, Elles les ont fait passer par le feu Pour qu'ils leur servent d'aliment.

Osée a aussi annoncé la désolation d'Israël à cause de leur idolâtrie en utilisant la même typologie.

Osée 2:2 Plaidez, plaidez contre votre mère, car elle n'est point ma femme, et je ne suis point son mari ! Qu'elle ôte de sa face ses prostitutions, et de son sein ses adultères !

Osée 2:13 Je la châtierai pour les jours où elle encensait les Baals, où elle se paraît de ses anneaux et de ses colliers, allait après ses amants, et m'oubliait, dit l'Éternel.

Saül et les filles d'Israël

2 Samuel 1:10  Je m'approchai de lui, et je lui donnai la mort, sachant bien qu'il ne survivrait pas à sa défaite. J'ai enlevé le diadème qui était sur sa tête et le bracelet qu'il avait au bras, et je les apporte ici à mon seigneur.

2 Samuel 1:24  Filles d'Israël ! Pleurez sur Saül, Qui vous revêtait magnifiquement de cramoisi, Qui mettait des ornements d'or sur vos habits.

A cette époque, les bracelets étaient fréquemment portés par les princes et les nobles. Ils pouvaient être portés sur les deux bras, et certains couvraient tout l'avant-bras jusqu'au coude.

David parle ici des bonnes choses au sujet de Saül, pas des mauvaises. Selon David, Saül a traité les filles d'Israël honorablement.

Mardochée

Esther 8:2  Le roi ôta son anneau, qu'il avait repris à Haman, et le donna à Mardochée ; Esther, de son côté, établit Mardochée sur la maison d'Haman.

Mardochée a sauvé la vie du roi Assuérus, et une fois que le roi a découvert qu’Haman complotait pour tuer sa femme (la reine Esther), Haman a été abaissé et Mardochée élevé. La remise de l'anneau du roi a été considérée comme un honneur. C’était un symbole d'autorité.

La consolation de Job

Job 42:11-12 Les frères, les sœurs, et les anciens amis de Job vinrent tous le visiter, et ils mangèrent avec lui dans sa maison. Ils le plaignirent et le consolèrent de tous les malheurs que l'Éternel avait fait venir sur lui, et chacun lui donna un kesita et un anneau d'or.  (12)  Pendant ses dernières années, Job reçut de l'Éternel plus de bénédictions qu'il n'en avait reçu dans les premières. Il posséda quatorze mille brebis, six mille chameaux, mille paires de bœufs, et mille ânesses.

Un anneau d'or est mentionné juste à côté d'une pièce de monnaie. Si nous disons que la boucle d'oreille en or était un péché, nous devons le dire aussi pour l'argent. Les bijoux faisaient partie de la bénédiction pour Job et symbolisaient l'amitié restaurée.

Les bijoux comparés à de bonnes choses

Proverbes 1:8-9 Écoute, mon fils, l'instruction de ton père, Et ne rejette pas l'enseignement de ta mère ;  (9)  Car c'est une couronne de grâce pour ta tête, et une parure pour ton cou.

Proverbes 25:12 Comme un anneau d'or et une parure d'or fin, ainsi pour une oreille docile est le sage qui réprimande.

Les boucles d'oreilles en or sont comparées à la façon dont une oreille docile accepte l’instruction sage et l'instruction des parents est comparée à un collier. Si les bijoux sont à caractère pécheresse, la Bible ne contiendrait pas de telles comparaisons entre un bon comportement et quelque chose de mauvais. En effet, une mauvaise chose ne peut pas symboliser une bonne chose.

En voici d’autre exemple :

Aggée 2:23 En ce jour-là, dit l'Éternel des armées, Je te prendrai, Zorobabel, fils de Schealthiel, Mon serviteur, dit l'Éternel, Et je te garderai comme un sceau ; Car je t'ai choisi, dit l'Éternel des armées.

Garder Zorobabel comme une chevalière était un symbole de la bénédiction du Seigneur sur lui. Si porter une bague était un péché, le Seigneur n'aurait pas utilisé un tel symbolisme.

Cantique des Cantiques

Cantique des Cantiques 1:10-11 Tes joues sont belles au milieu des colliers, Ton cou est beau au milieu des rangées de perles.  (11) Nous te ferons des colliers d'or, Avec des points d'argent.

Cantique des Cantiques 5:11  Sa tête est de l'or pur ; Ses boucles sont flottantes, noires comme le corbeau.

Cantique des Cantiques 7:1 Que tes pieds sont beaux dans ta chaussure, fille de prince ! Les contours de ta hanche sont comme des colliers, œuvre des mains d'un artiste.

Perles, bijoux et ornements sont mentionnés dans le contexte d'une déclaration d'amour. Chaque bijou mentionné dans ce texte est utilisé dans un contexte positif. Le dernier verset montre que des artistes en Israël fabriquaient des bijoux. Ces écritures ne spiritualisent pas les bijoux.

Jugement sur Jérusalem

Esaïe 3:16-26 L'Éternel dit : parce que les filles de Sion sont orgueilleuses… (18) En ce jour, le Seigneur ôtera les boucles qui servent d'ornement à leurs pieds, et les filets et les croissants ;  (19)  Les pendants d'oreilles, les bracelets et les voiles ;  (20)  Les diadèmes, les chaînettes des pieds et les ceintures, Les boîtes de senteur et les amulettes ;  (21)  Les bagues et les anneaux du nez ;  (22)  Les vêtements précieux et les larges tuniques, les manteaux et les gibecières ;  (23)  Les miroirs et les chemises fines, Les turbans et les surtouts légers…

L'ensemble de ce chapitre est une prophétie sur les calamités qui devaient venir avec l'invasion de Babylone et la captivité. Jérusalem sera jugé par Dieu et détruit par le roi Nabuchodonosor, ce qui n'aurait pas eu lieu si Israël n’avait pas adoré des idoles. Esaïe reproche aux femmes de Jérusalem d’afficher leurs parures, dont des bijoux à caractère idolâtre, de manière ostentatoire.

La racine du mot « filets » est « petits soleils », c’est ainsi que certaines versions de la Bible le traduisent (la version Darby, par exemple). Il s’agissait d’ornements en forme de soleil, et les croissants, des ornements en forme de lune, portés dans le cadre de cultes au soleil et à la lune.

On peut aussi voir dans la liste des objets mentionnés, des amulettes : de l’hébreu lachash (Strong n°3908).

Nous ne pouvons pas faire une fixation sur les bijoux seuls dans ce texte. Le Seigneur ôtera aussi des objets tels que du parfum, la ceinture, les cheveux bouclés, des vêtements et autres.

La parure de la mariée

Esaïe 49:18 …Je suis vivant ! dit l'Éternel, tu les revêtiras tous comme une parure, tu t'en ceindras comme une fiancée.

Le retour des enfants d'Israël lors de leur restauration est comparé au port d'ornements, comme une mariée se pare de ses bijoux.

Esaïe 61:10 Je me réjouirai en l'Éternel, mon âme sera ravie d'allégresse en mon Dieu ; Car il m'a revêtu des vêtements du salut, Il m'a couvert du manteau de la délivrance, comme le fiancé s'orne d'un diadème, comme la fiancée se pare de ses joyaux.

Esaïe compare la justice et le salut à des fiancés qui se parent de bijoux. Esaïe comparerait-il une coutume pécheresse au salut et à la justice de Dieu ? L'or symbolise la pureté, et ici en particulier, la pureté et la chasteté dans le mariage.

Jérémie 2:32 La jeune fille oublie-t-elle ses ornements, La fiancée sa ceinture ? Et mon peuple m'a oublié Depuis des jours sans nombre.

Dieu compare le fait de L’oublier à une jeune femme qui oublie ses bijoux. Si les bijoux sont à caractère pécheresse, Dieu n'aurait jamais fait une telle comparaison. Oublier Dieu, c’est comme si t’es une fille et t’as oublié tes bijoux… non, mais allo quoi :)

Daniel

Daniel 5:29 Aussitôt Belschatsar donna des ordres, et l'on revêtit Daniel de pourpre, on lui mit au cou un collier d'or, et on publia qu'il aurait la troisième place dans le gouvernement du royaume.

Daniel n'a pas refusé le collier car c’était un signe d'honneur et non une parure pécheresse.

Conclusion

Il y a d’autres écritures se rapportant aux bijoux dans la Bible : l'anneau du fils prodigue en Luc 15:11-24 ; Jacques 2: 1-9 ; Apocalypse 21: 2 ; et Apocalypse 17: 4.

Grâce à une étude de quelques écritures traitant des bijoux, nous trouvons que les bijoux ne sont pas toujours mentionnés dans un sens péjoratif, mais dans la plupart des cas, dans un bon sens.

Il existe environ 40 passages dans toute la Bible se référant aux bijoux et moins de 10 renvoient aux bijoux portés dans le cadre de l’idolâtrie. Il est tout à fait inexact de fonder une doctrine contre le port de bijoux sur la base des quelques cas où ils sont portés dans un mauvais contexte.

Nous avons vu que les bijoux pouvaient être portés aussi bien par des épouses fidèles telles que Sarah et Rébecca que par des femmes adultères. 

Ce que Dieu à en horreur, ce n’est pas le port des bijoux, c’est toute forme d’idolâtrie.

Ne jugeons donc pas une personne qui porte des bijoux tout en restant modeste et sans que les bijoux en question ne soient des amulettes ou des talismans. Ne soyons pas superficiels, religieux et légalistes.

Dieu nous aime, et tout ce qu'Il veut, c'est que nous Lui soyons fidèles dans une relation personnelle et intime.