Code vestimentaire pour homme

Toutes les semaines, des millions de chrétiens s’endimanchent pour aller à l’église sans vraiment savoir pourquoi. Dans cet article, nous nous interrogerons sur l’origine de cette pratique pour mettre en évidence les problèmes qu’elle peut poser. Mais avant d’aller plus loin, je trouve intéressant de vous partager la définition de “s’endimancher” :

"S’endimancher : Revêtir des habits différents des habits quotidiens, ce qui enlève un certain naturel, donne une allure empruntée : Ils se sont endimanchés pour aller au mariage." - Larousse

"Endimancher (s’), v. pron. : Mettre ses habits du dimanche. Il se dit ordinairement, par plaisanterie, d'une personne du peuple qui a mis ses beaux habits. Il s'est endimanché. Des paysans endimanchés." - Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935.

Déjà dans sa définition, nous pouvons percevoir une connotation négative du terme : s’endimancher enlève un certain naturel, donne une allure empruntée, se dit par plaisanterie...

Un phénomène récent

Alors que l’attention a été accordée historiquement à la propreté et à la solennité, revêtir de beaux habits pour le culte n’est pas le résultat d’un enseignement théologique mais de l’influence de la culture victorienne (celle des années de règne de Victoria Ier du Royaume-Uni de 1837 à 1901). Elle marque l’apogée de la révolution industrielle britannique ainsi que celle de l’Empire britannique.

Les Chrétiens médiévaux n’avaient pas pour habitude de s’endimancher parce que seuls les riches pouvaient se le permettre. En effet, avant la révolution industrielle, les beaux habits faits à la main étaient beaucoup trop chers pour les paysans qui vivaient de l’agriculture de subsistance. Ces derniers n’avaient souvent que deux tenues de rechange fabriquées avec des tissus rugueux et ternes : Une pour travailler dans les champs et une autre conservée propre et moins en lambeaux pour aller en ville. S’endimancher pour quelque chose n’était possible que pour la noblesse.

C’est grâce à l’invention de machines à filer en 1765, à la production de masse et au développement de la société urbaine que des vêtements fabriqués avec des tissus de meilleure qualité deviennent plus abordables pour tous. Ainsi, la classe moyenne avait l’opportunité de se distinguer des paysans et d’imiter l'aristocratie tant jalousée en commençant à s’endimancher pour des événements sociaux de toutes sortes.

Un phénomène croissant

Divers groupes Chrétiens du 18ème et 19ème siècles se sont opposés à cette tendance culturelle pour les mêmes raisons évoquées par les Pères de l’Église pour s’opposer aux riches du 3ème et 4ème siècles. Les premiers Méthodistes refusaient l’admission de ceux qui arrivaient avec des vêtements raffinés et chics à leurs réunions. Les premiers Baptistes condamnaient aussi l’habillement et la coiffure recherchés comme moyen de protestation sociale, pour distinguer les riches des pauvres. Mais la prospérité croissante de la classe moyenne cultivait une soif de maisons et lieux de culte plus grands et plus luxueux, ainsi que des vêtements plus raffinés. Cela attirait les personnes influentes de la société, à tel point que les congrégations plus populistes (par exemple, Baptistes et Méthodistes) devaient faire beaucoup d’effort dans ce sens pour être à la hauteur.

Le phénomène est arrivé à son apogée lorsqu’en 1843, Horace Bushnell, un pasteur du Connecticut a publié un essai titré “Taste and Fashion” (Le Goût et La Mode) dans lequel il estime que la sophistication et le raffinement sont des attributs essentiels de Dieu que les Chrétiens matures devraient imiter naturellement.

Ainsi est né le concept de s'endimancher pour aller à l’église.

Pourquoi cela peut-il être problématique ?

1. L’apparence est trompeuse

Les rassemblements chrétiens deviennent une mise en scène dans laquelle chacun essaient d’impressionner pour avoir l’air plus riches, chics, beaux, gentils, etc.

Jésus, quant à lui, a dit à ses disciples au sujet des scribes de son époque :

Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques ; qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins ; qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l’apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. - Marc 12:38-39

Un autre passage nous révèle ce que Dieu considère :

Dieu ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais Dieu regarde au cœur. (1 Samuel 16:7)

2. Un potentiel obstacle à la Bonne Nouvelle

Dans mon passé au sein d’une église pentecôtiste, je ne pouvais pas aller sur l’estrade ou jouer d’un instrument de musique pendant une réunion sans chemise et cravate. Dans une telle réunion, un visiteur habillé de manière décontractée se sent tout simplement mal à l'aise et pas au bon endroit. C'est à lui de se mettre à la hauteur au fur et à mesure de sa croissance spirituelle.

Est-ce à eux de faire des efforts pour s’adapter aux standards que nous nous imposons, ou à nous de nous faire tout à tous pour les gagner à Christ ?

Faut-il s’habiller d’une manière spécifique pour être en communion avec Dieu ?

Dieu serait-il offensé si nous l’adorons tels que nous sommes dans nos vêtements de tous les jours ?

Êtes-vous plutôt “décontracté(e)” ou “sapé(e) comme jamais” pour aller à l’église ?

N’hésitez pas à partager votre opinion en commentaire pour nous édifier les uns les autres.