Fruit de l'esprit selon Galates 5:22

Dans un précédent article, nous avons vu que le parler en langues de la Bible consistait toujours en des langues existantes pouvant être traduites et comprises, se transformant ainsi en prophétie édifiant l'assemblée. Mais le parler en langues du Pentecôtisme du début du 20ième siècle consiste en un langage extatique de sons incohérents, dépourvu de toutes les caractéristiques d’une langue véritable.

Dans cet article, nous examinerons les buts de la glossolalie (parler en langue) biblique et de la glossolalie actuelle pour les comparer.

Les buts de la glossolalie du Nouveau Testament

Pas pour annoncer l’Évangile

Les diverses langues données aux premiers Chrétiens n’avaient pas pour but d’annoncer L’évangile. En effet, la foule rassemblée le jour de la Pentecôte a entendu et compris des paroles qui ne lui étaient pas adressées. C’étaient des merveilles de Dieu.

Un signe pour les non-croyants

La glossolalie des premiers chrétiens devait être un signe. Mais un signe de quoi ? Et pour qui ?

Paul l’expose aux Corinthiens dans le passage suivant :

Frères, ne soyez pas des enfants sous le rapport du jugement ; mais pour la malice, soyez enfants, et, à l’égard du jugement, soyez des hommes faits. Il est écrit dans la loi : C’est par des hommes d’une autre langue et par des lèvres d’étrangers que je parlerai à ce peuple, et ils ne m’écouteront pas même ainsi, dit le Seigneur. Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants ; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les croyants. (1 Corinthiens 14 :20-22)

Paul reproche aux Corinthiens de parler en langues en public sans interprétation. Pour lui, c’est un signe d’immaturité spirituelle. C’est se comporter comme un enfant que de toujours vouloir attirer l’attention. C’est égocentrique de faire quelque chose qui ne profite qu’à soi-même en public. Malheureusement, nous pouvons le constater dans la plupart des assemblées pentecôtistes charismatiques. Ce n’est pas une bonne image du Christianisme.

Paul rappelle aussi le but du don des langues en citant Esaïe 28 :11-12. Cette prophétie a été adressée à Israël :

Hé bien ! C’est par des hommes aux lèvres balbutiantes et au langage barbare que l’Éternel parlera à ce peuple. Il lui disait : voici le repos, laissez reposer celui qui est fatigué ; voici le lieu du repos ! Mais ils n’ont point voulu écouter. (Esaïe 28 :11-12)

Il s’agit d’un jugement pour Israël, qui n’a pas écouté celui qui dit « voici le repos, laissez reposer celui qui est fatigué. » Jésus a dit :

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. (Matthieu 11 :28)

Mais au lieu de l’écouter et de se convertir, ils l’ont crucifié.

La glossolalie de la Bible était donc un signe de jugement de la part de Dieu pour les Juifs non-croyants qui n’ont pas écouté le Fils de Dieu. Ces langues étaient un jugement pour Israël car ce sont les langues des nations.

L’histoire se répète

Par le passé, Dieu s’est déjà servi des nations pour apporter un jugement à Israël. Moïse avait un avertissement similaire :

Mais si tu n’obéis point à la voix de l’Éternel, ton Dieu, si tu n’observes pas et ne mets pas en pratique tous ses commandements et toutes ses lois que je te prescris aujourd’hui, voici toutes les malédictions qui viendront sur toi et qui seront ton partage: … L’Éternel fera partir de loin, des extrémités de la terre, une nation qui fondra sur toi d’un vol d’aigle, une nation dont tu n’entendras point la langue, Deutéronome 28 :15-49

Les envahissements de la Palestine par les armées Assyriennes et Babyloniennes en sont des précédents (voir 2 Rois 17 :24-25). Le jugement qui est tombé sur la génération qui a rejeté le Fils de Dieu a culminé en l’an 70 alors que les nations envahissent encore Jérusalem jusqu’à sa destruction et celle de son temple, puis la dispersion de son peuple loin de son pays. C’est un accomplissement de Luc 21:20-24 et Matthieu 24:12.

Les récits du livre des Actes confirment qu’à chaque fois que des gens ont parlé en langues, des Juifs étaient présents car c’était un signe pour eux et non pour ceux qui parlaient en langues (des croyants). Dans Actes 2, alors que des Juifs entendent les langues et demandent "que veut dire ceci ?" Pierre répond :

Mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël : Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; (Actes 2:16:17) 
Ce n'était pas un signe pour les Juifs du fait que Dieu répande son Esprit tout court, Il l'a toujours fait même dans l'Ancienne Alliance (sur des Juifs et sans signe initial du parler en langues). Mais c'est un signe du fait que Dieu répande désormais de son Esprit sur toute chair, païens inclus. Dans Actes 10, Paul pointe du doigt le parler en langues de Corneille et sa famille pour montrer aux chrétiens Juifs qui étaient avec lui que Dieu répand aussi son Esprit sur les païens : 
Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens. (Actes 10:45)

"Fidèles circoncis" fait référence aux chrétiens Juifs accompagnant Pierre. Ce n'était pas évident pour eux d'admettre que leur Messie est venu pour sauver aussi les nations. Corneille et sa famille en font partie car ils sont Romains.

Pour l’édification:

En plus de cela, comme nous l’avons vu dans l’article précédent, le parler en langues peut servir à l’édification de celui qui parle mais aussi de l’assemblée s’il y a traduction. C’est le souci de l’édification de l’ensemble de l’assemblée dans l’ordre et la bienséance qui est dans la pensée de Paul.

Après avoir parlé de tous les dons spirituels et de comment les utiliser correctement, Paul précise que le plus important c’est la charité.

La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. (1 Corinthiens 13 :8)

Quand les langues devaient-elles cesser ?

La suite du verset est le suivant :

Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. (1 Corinthiens 13 :9-10)

A la venue de ce qui est parfait, la connaissance et les prophéties disparaissent. Et les langues alors ? Contrairement aux prophéties et à la connaissance, la cessation des langues n’est pas liée à la venue de ce qui est parfait. Le don cesse quand son but est accompli : signifier aux Juifs non-croyants que Dieu les juge et étend Son Alliance à toutes les nations.

Je ne parlerai pas ici de ce que signifie la venue de ce qui est parfait mais je citerai juste le dernier verset du chapitre :

Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, la charité ; mais la plus grande de ces choses, c’est la charité. (1 Corinthiens 13 :13)

Examinons maintenant les buts du parler en langues du Pentecôtisme du début du 20ième siècle.

Le but de la glossolalie actuel

Un signe pour les croyants de leur propre baptême du Saint-Esprit

Pour le Pentecôtisme, le parler en langues est le signe initial du baptême du Saint-Esprit de l’intéressé. Est-ce vrai ?

Il y a en tout 3 passages où le parler en langues est mentionné à côté du fait d’être rempli du Saint-Esprit (Actes 2 :4, 10 :44-46 ; 19 :6). Or, des milliers d’autres personnes ont été remplies du Saint-Esprit sans que rien ne précise qu’ils aient parlé en langues (Actes 2 :41 ; 8 :17 ; 16 :31-34).

Si le parler en langues est le signe initial du baptême du Saint-Esprit, comment expliquer que ni Jean Baptise, ni Jésus lui-même n’avaient jamais parlé en langues ? Pourquoi a-t-il disparu pendant pratiquement 19 siècles ? Pourquoi n’est-il mentionné que dans une seule des épîtres de Paul et ce de manière restrictive ?

En réalité, la Bible n’enseigne pas que le parler en langues est en soi le signe que quelqu’un a reçu le Saint-Esprit. Au contraire, chaque croyant en Christ a le Saint-Esprit.

En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis (Ephésiens 1 :13-14)

Mais tous ne parlent pas en langues (1 Corinthiens 12 :29-31).

Au contraire, comme vu précédemment, la glossolalie des premiers chrétiens était un signe pour les non-croyants Juifs. Les croyants n’ont pas besoin de signes mais de la Parole de Dieu pour nourrir leur foi (Romains 10 :17).

Conclusion

Le parler en langue des premiers chrétiens était un signe pour les non-croyants Juifs ayant rejeté le Fils de Dieu. En tant que tel, il devait cesser rapidement. L’histoire nous apprend qu’il a cessé à la fin de l’âge apostolique (1er siècle). Il n’est pas un signe pour les croyants et donc pas de leur propre baptême du Saint-Esprit.

Les Corinthiens faisaient un mauvais usage d’un authentique don spirituel. Paul leur écrit simplement pour mettre de l’ordre sans l’interdire. En ce qui concerne la glossolalie moderne, il ne s’agit même pas de parler de mauvais usage mais de différence de nature et de buts par rapport au don authentique. Il semblerait qu’il s’agisse d’une contrefaçon qui séduit beaucoup de chrétiens.

Vous n’avez pas besoin de ressentir quoi que ce soit de sensationnel pour savoir que Dieu est à l’œuvre dans votre vie. Si vous confiez votre vie à Christ, vous êtes un avec Lui. Le fruit de l’Esprit se verra dans votre vie :

Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; (Galates 5 :22)

Je connais beaucoup de personnes qui "parlent en langues" et qui n'ont pas ce fruit. Je connais aussi beaucoup de personnes qui n'ont jamais "parlé en langues" mais qui portent ce fruit. Ne laissez personne vous condamner parce que vous n'avez pas expérimenté le parler extatique.

D’où vient le phénomène aujourd’hui répandu chez les pentecôtistes ? Nous nous pencherons là-dessus dans un autre article à venir car celui-ci commence à être long.

Bonne continuation à tous dans votre marche avec Dieu. Portez du fruit, c'est le plus important.